Renverser
du sel sur la table du déjeuner ou du dîner est encore considéré,
de nos jours, comme un mauvais présage dans bon nombre de
foyers... On dit que c'est le signe qu'une dispute va éclater
! Heureusement, il suffit de prendre une pincée de sel renversé
et de la jeter par-dessus son épaule pour conjurer le mauvais
sort !
Les
origines de la superstition :
-
Elles remontent à l'Antiquité : les Romains, après la conquête
d'une territoire qu'ils ne pouvaient occuper, recouvraient
les terres de sel afin que rien ne puisse plus y pousser.
Du coup, lorsque du sel était répandu sur les tables durant
les repas, c'était un mauvais augure, le signe qu'un grand
malheur allait se produire...
- Au Moyen Age, le sel était au contraire connu pour conjurer
le mauvais sort : en avoir au fond d'une poche faisait fuir
le démon, en disperser aux quatre coins de sa maison éloignait
le mauvais sort.
La patte de lapin porte bonheur
Vous
faites peut-être partie de ces gens, ou sans doute en connaissez-vous,
qui ont une patte de lapin porte-bonheur, accrochée à un porte-clef
ou suspendue au rétroviseur de la voiture... Mais au fait,
pourquoi la patte de lapin porte-t-elle chance ?
Les
origines de la superstition :
-
Le lapin, animal au taux de reproduction très élevé, est un
symbole de fertilité et de prospérité. Elevé et présent dans
le monde entier, il a toujours eu une bonne réputation : les
signes du Lapin, dans les astrologie chinoises et aztèques,
sont des signes très bénéfiques.
- Pourquoi la patte du lapin ? Les chercheurs d'or utilisaient
une patte de lapin pour récupérer les paillettes du précieux
métal qui tapissaient leurs tamis... Les poils de ces pattes
étaient donc en permanence saupoudrées d'or, d'où leur valeur
!
Le
savez-vous ?
-
Le lapin ne porte pas bonheur pour tout le monde : ainsi,
ne vous avisez pas de prononcer le mot "lapin" sur un bateau
! Les marins, très superstitieux, avaient une peur panique
de ces rongeurs qui pouvaient dévorer les cordages de leurs
embarcations et causer leur naufrage.
Toucher
du bois pour éviter les malheurs
"Je touche du bois !" Qui n'a jamais entendu, ou prononcé,
cette expression, en des circonstances où l'on souhaite voir
le malheur nous épargner ? Mais attention : il faut impérativement
joindre le geste à la parole et toucher du bois, au risque
de voir le malheur s'abattre sur soi ! Faute de bois, certains
se touchent alors... la tête !
Les
origines de la superstition :
- La pratique de toucher du bois pour se porter chance est
fort ancienne, puisqu'elle est attestée chez les Perses, dès
le VIe siècle av. J-C ! A l'époque, toucher du bois était
un moyen de se mettre sous la protection du dieu Atar.
- Chez les Chrétiens le bois que l'on touche est celui de
la croix sur laquelle Jésus Christ a été crucifié. Certains
n'hésitaient pas à se confectionner un petit sac dans lequel
ils mettaient des éclats de bois, censés provenir de la croix
du Christ. A chaque fois qu'un malheur surgissait ou était
évoqué, ils touchaient leur petit sac pour éloigner le mauvais
sort...
Le
savez-vous ? - Dans certaines régions (notamment dans le Nord
de la France), on dit aussi "je touche du singe" ou "je touche
de la peau de singe" en posant la main sur sa tête.
Le
fer à cheval : un porte-bonheur
Un
fer à cheval accroché au-dessus d'une porte est, depuis le
Moyen Age, une façon d'éloigner le malheur de sa maison...
Les
origines de la superstition :
-
Le fer, dans le folklore celte, est un métal bénéfique qui
éloigne les mauvais génies.
-
Selon une légende, saint Dunstan (forgeron devenu archevêque
de Canterbury au Xe siècle) aurait, un jour, cloué le pied
fourchu du diable avec un fer à cheval. Avant de le libérer,
il a fait promettre à Satan de ne jamais s'attaquer à une
maison protégée par un fer à cheval.
-
Au Moyen Age, un fer à cheval trouvé sur la route pouvait
être rapporté et vendu à n'importe quel forgeron ou maréchal-ferrant
: le fer à cheval faisait la "bonne fortune" de son découvreur
!
Le
savez-vous ?
-
Pour porter bonheur, le fer à cheval doit être trouvé sur
la route (plus il a de clous, plus la chance sera grande !).
- De même, le fer à cheval ne doit surtout pas être accroché
avec les éponges (extrémités) vers le bas, sinon le bonheur
"tombera" !
Ne
jamais poser le pain à l'envers !
Dans
la plupart des foyers de France, il est impensable de voir
un pain posé à l'envers sur une table. Si par malheur cela
arrive, il se trouve toujours un convive pour le remettre
à l'endroit...
Les
origines de la superstition :
-
Au Moyen Age, le jour des exécutions publiques, le boulanger
retournait toujours le pain destiné au bourreau. Ce personnage
lugubre, qui procédait à l'exécution des condamnés, était
le symbole de la mort et il était très craint... En retournant
le pain qui était destiné à son repas, le boulanger s'assurait
que personne ne toucherait à ce pain et ne s'attirerait la
colère du sinistre bourreau !
Le
savez-vous ?
-
Placer le pain à l'envers sur une table n'est pas seulement
un mauvais présage : c'est aussi ne pas respecter l'une des
règles du savoir-vivre !
Ne
jamais allumer trois cigarettes avec une allumette
Voilà
une coutume superstitieuse que connaissent, et respectent,
la plupart des fumeurs : ne jamais allumer plus de deux cigarettes
avec la même allumette ou la même flamme de briquet...
Les
origines de la superstition :
-
Elle remonte à la Première Guerre mondiale, pendant la guerre
des tranchées, lorsque les soldats trompaient leur ennui en
fumant durant les longues nuitées de veille. Un soldat ennemi
pouvait repérer la flamme de l'allumette qui embrasait la
première cigarette, ajuster sa visée à la deuxième cigarette,
et tirer à la troisième.
Jamais
de vert au théâtre
Le
monde du théâtre est empli de superstitions : l'emploi du
mot "corde" y est interdit, comme sur les navires (il évoque
la corde des pendus et porte malheur), de même que les oeillets
(au XIXe siècle en Angleterre, les comédiennes en tête d'affiche
recevaient des roses, celles qui quittaient l'affiche des
oeillets...).
L'une des superstitions les plus tenaces est celle concernant
la couleur verte : elle est bannie de toutes les scènes, que
ce soit dans les costumes, les décors ou les éclairages !
Les
origines de la superstition :
-
Le vert est la couleur de l'émeraude, une pierre précieuse
qui a la réputation de porter malheur (car elle casse facilement,
pour le malheur des joailliers qui veulent la sertir)
-
Le vert serait également la couleur du costume que portait
Molière lors de sa dernière représentation, au terme de laquelle
(selon la légende), il est mort sur scène. Mais certains historiens
prétendent que le costume de Molière était jaune...
-
Plus vraisemblablement, les costumes verts auraient longtemps
causé la mort des comédiens qui les portaient... parce qu'ils
étaient teints à l'oxyde de cuivre ou cyanure ! Le contact
prolongé de ces tissus avec la peau entraînaient un empoisonnement
mortel...
Le
savez-vous ?
-
Le vert n'est pas une couleur "maudite" partout : en Italie,
c'est le violet et en Espagne, c'est le jaune !